créé par Tanaka le 11/05/2024, modifié par Tanaka le 18/01/2026
Comme l’indique le titre, cette étude propose une analyse préliminaire des événements ayant conduit à la guerre russo-ukrainienne, déclenchée en 2022.
Parmi les jalons essentiels à l’analyse, l’année 2014 occupe une place centrale. L’année 2022 constitue naturellement un tournant majeur, tandis que 2004 mérite également d’être prise en considération pour comprendre certains développements politiques et sociétaux antérieurs.
Enfin, une mise en perspective historique succincte de cette région permet d’apporter un éclairage plus approfondi sur les origines de ce conflit opposant deux peuples souvent qualifiés de « cousins millénaires ».
La civilisation slave orientale existait déjà sous la forme de communautés organisées avant l’arrivée des Varègues venus du Nord. Vers le milieu du IXe siècle, ces Scandinaves, d’abord commerçants et guerriers, empruntent les voies fluviales comme le Dniepr, qui relie la mer Baltique à l’Empire byzantin, afin d’établir et contrôler des réseaux commerciaux. Au fil du temps, ils s’intègrent aux populations locales et participent à la structuration politique de la région?: c’est dans ce contexte que naît la Rus’ de Kiev.
Vers 862, le chef varègue Riourik est, selon la tradition rapportée par les chroniques, invité par les tribus slaves à gouverner Novgorod. Ce moment est considéré comme l’acte fondateur, non seulement de la principauté de Novgorod, mais aussi de la dynastie des Riourikides qui régnera sur la Rus’ pendant plusieurs siècles.
Après la mort de Riourik, son parent Oleg, souvent désigné comme “Oleg le Sage” (ou Oleg le Prophétique), s’empare de Smolensk puis de Kiev en 882. Il fait de Kiev la nouvelle capitale politique et commerciale, donnant naissance à ce qui sera appelé la Rus’ de Kiev, un État puissant qui exploite pleinement les routes commerciales entre le Nord européen et l’Empire byzantin.
Sous le règne de Sviatoslav Ier (vers?964), les territoires khazars et bulgares de la Volga sont soumis, et l’influence des Riourikides s’étend encore plus loin. Il meurt en 972 après avoir inquiété l’Empire byzantin par sa puissance militaire. À sa mort, le territoire de la Rus’ de Kiev est partagé entre ses trois fils, ouvrant une période de rivalités internes.
En 980, Vladimir Ier, le cadet, rétablit l’autorité centrale sur la Rus’, de Novgorod à Kiev. Il est également célèbre pour la christianisation de la Rus’ en 988, après avoir adopté le christianisme byzantin, ce qui unit religieusement les terres sous sa domination.
À la mort de Vladimir en 1015, une série de guerres de succession éclate entre ses fils. Iaroslav le Sage finit par l’emporter et régnera jusqu’en 1054, consolidant l’État et façonnant une administration qui répartit les terres entre les membres de la famille. Cette pratique, destinée à stabiliser la succession, crée cependant des rivalités durables entre les différentes branches de la maison des Riourikides.
Le congrès de Lioubetch en 1097 tente d’instaurer des règles de succession plus claires. Toutefois, ces accords échouent à mettre fin aux tensions?: les disputes et rivalités reprennent rapidement, reflétant la fragilité de l’autorité centrale face à l’affirmation des pouvoirs régionaux.
Pour conclure, à l’apogée de la Rus’, au XIe siècle, plus de cinq branches principales de la maison des Riourikides se partagent le pouvoir. Le royaume s’étend alors des rivages de la mer Baltique aux abords de la mer Noire, couvrant une vaste partie de l’Europe orientale actuelle. Vers l’ouest, son influence atteint la principauté de Galicie-Volhynie, aux confins des Carpates. Au début du XVIIIe siècle, on recensait encore quarante-sept familles princières issues de cette lignée, dont trente-six subsistaient dans les années 1880.
La première scission politique majeure survient en 1136, lorsque les boyards de Novgorod déposent leur prince pour affirmer leur autonomie. Cette action symbolise l’affaiblissement de l’autorité centrale et le début d’une tendance à la fragmentation du pouvoir en une mosaïque de principautés rivales.
Cependant, en 1238, l’invasion tataro-mongole bouleversa profondément l’équilibre de la région. Le territoire de la Rus’ fut fragmenté, notamment entre le nord — où se développèrent les principautés des futurs « Grands Russiens », ancêtres des Russes et des Biélorusses — et le sud, souvent désigné sous le nom de « Petits Russiens », correspondant en grande partie à l’Ukraine actuelle.
Dans ce contexte troublé, marqué par l’effondrement de l’autorité centrale, la principauté de Galicie-Volhynie parvint à préserver une certaine autonomie. Grâce à un habile jeu d’alliances et à sa position stratégique, elle s’imposa à l’ouest de l’ancien territoire de la Rus’, sous la direction d’un prince issu de la dynastie des Riourikides.
Malgré tout, la région attire les convoitises et est accaparé par les hongrois.
Une première vidéo sur ce sujet peut etre visionné pour comprendre une partie de cet antagonisme :
Le 16 février 2022, une augmentation des tirs d'artillerie des Ukrainiens sur toute la longueur du front entre la partie Ukrainienne et les 2 Oblasts séparatistes est constatée par tous les services de renseignement.
Cette action était en direct lien avec le décret de mars 2021 émis par Zelenski pour reconquérir la Crimée et le Donbass.
La Russie intervient pour contrer cette menace.
Le président russe définit alors les objectifs de cette intervention :
Ce point n’est pas central, mais il permet de comprendre comment ce conflit se terminera, quoi qu’il arrive.
Depuis la dislocation de l'URSS et la création de l'état ukrainien dans ces frontières initiales, sa population est en constante décroissance, puisqu'à cette époque l'Ukraine avait une population d'environ 52 M d'habitants.
En 2014, la population de l'Ukraine n'est plus que d'environ 44 M, avec un taux de fécondité de 1,51 (données de 2015). Lors des évènements de l'Euro-Maïdan, des manifestations pro-russes ont lieu dans plusieurs oblasts, surtout localisés dans le croissant sud-est de l'Ukraine. Ceci mène à la sécession de 3 oblasts à la suite de référendum interne. Les populations de ces oblasts sont estimés en 2014 au nombre de :
Au démarrage du conflit en 2022 et tout au long de celui-ci, 5 M de personnes se sont expatriés en occident et 7,5 M ont rejoint la Russie (données interprétées du HCR).
Pour ce qui est de la population ayant rejoint la Russie, celle-ci semble correspondre à la population qui serait passé sous contrôle de la Russie à la suite de la guerre.
Il n'en reste pas moins que la population actuelle sous la responsabilité directe de l'Ukraine est alors de 31 M, avec une pyramide des âges en 2021 (repris sur wikipedia dans l'article “Démographie de l'Ukraine”) :

En 2014, la Russie comporte 143 M d'habitants, avec un taux de fécondité de 1,75.
L'intégration de la population des oblasts annexés entre 2014 (Crimée) et 2023 (Donetsk, Louhansk, Zaporojié et Kherson) augmente la population de la Russie à 150 M.
Nous nous retrouvons avec une guerre entre 2 pays dont le rapport démographique est d'environ 5 contre 1. Il est très facile de comprendre qui ne peut que gagner. Et plein de personnes pense que la Russie va perdre ?